
Lancement de PostGenAI@Paris : l’IA au cœur d’une ambition scientifique et sociétale
Le 1er avril 2025, Sorbonne Université et ses partenaires ont lancé officiellement PostGenAI@Paris. Implanté au cœur de Paris, ce consortium interdisciplinaire et intersectoriel vise à faire émerger une IA éthique, inclusive et souveraine, pleinement ancrée dans les grands enjeux de notre temps.
Au Réfectoire des Cordeliers, devant près de 300 invités, la soirée inaugurale de PostGenAI@Paris a marqué un tournant pour l’écosystème français de l’intelligence artificielle. Piloté par Sorbonne Université via son cluster SCAI (Sorbonne Cluster for AI), ce nouveau consortium fédère 16 partenaires académiques et plus de 60 partenaires industriels, dans une démarche résolument collaborative.
« Cette soirée marque un moment important, car elle vient célébrer l’accomplissement de notre cluster IA – SCAI – qui devient le cœur et le moteur d’un consortium d’envergure au potentiel scientifique unique », a déclaré Nathalie Drach-Temam, présidente de Sorbonne Université, en ouverture de l’événement.

Discours de la présidente de Sorbonne Université ©Sorbonne Université
Une ambition structurante au service de la société
PostGenAI@Paris est l’un des lauréats de l’appel à manifestation d’intérêt « IA-Cluster » de l’Agence nationale pour la recherche, doté d’un financement de 35 millions d’euros sur 5 ans dans le cadre du plan France 2030. Son ambition : faire émerger à Paris un pôle de référence internationale en intelligence artificielle post-générative, capable de répondre aux défis scientifiques, éthiques et sociétaux liés à cette révolution technologique.
« L’intelligence artificielle est désormais partout : dans la science, l’industrie, la société. Elle redéfinit notre manière de faire de la recherche, elle transforme notre pédagogie, nos pratiques, nos institutions, a souligné Gérard Biau, directeur de SCAI, dans son discours d’ouverture. Nous devons accompagner cette évolution, imaginer de nouvelles façons d’enseigner, de transmettre, de produire du savoir. »
Ce message a traversé l’ensemble des interventions : l’IA ne peut être dissociée de ses usages. Son développement doit s’accompagner d’une réflexion rigoureuse, d’un ancrage éthique, et d’une volonté de transmission auprès des citoyens comme des décideurs.
« L’IA présente de formidables opportunités pour répondre aux grands enjeux de notre temps. Mais nous devons accompagner son développement par une meilleure compréhension de ce qu’elle est et de ce qu’elle n’est pas, a rappelé la présidente de Sorbonne Université. Notre responsabilité est donc d’approfondir notre regard réflexif sur les usages de l’IA, et de lui appliquer la rigueur et l’éthique de la démarche scientifique. »

Discours de Gérard Biau, directeur de SCAI ©Sorbonne Université
Une soirée entre art, science et dialogue
Pour illustrer les potentialités créatives de l’IA, la soirée a débuté par une expérience immersive mêlant technologie et art. Obvious, trio d’artistes pionniers dans l’exploration des possibles de l’intelligence artificielle, a présenté leur vidéo entièrement générée par une IA. Cette traversée onirique, multisensorielle et multidimensionnelle propose un voyage à travers les territoires que l’IA métamorphose — de la physique fondamentale aux arts visuels, en passant par la médecine, le droit et les imaginaires culturels.
S’en est suivie une conférence inaugurale du philosophe et mathématicien Daniel Andler. Il a notamment insisté sur la place essentielle des sciences humaines et sociales dans la compréhension comme dans l’usage de l’IA. La philosophie, a-t-il rappelé, a toute sa place dans ce champ. « Par ses branches – philosophie des sciences, de l’esprit, du langage, éthique… – elle peut jouer le rôle de ‘mouche du coche’, en pointant les tensions, les controverses, et en révélant la vitalité d’un domaine en mutation permanente. »

Conférence inaugurale du philosophe et mathématicien Daniel Andler ©Sorbonne Université
Son propos a ouvert la voie aux échanges qui ont suivi autour d’une table ronde réunissant des experts issus du monde académique, de la recherche appliquée et de l’éducation :
- Bruno Sportisse, Directeur général de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique
- Muriel Touaty, Partner éducation - recherche & innovation chez Onepoint
- Jean-Philippe Cointet, Professeur de sociologie et directeur de l'Institut Libre des Transformations Numériques de Sciences Po.
Ces échanges ont permis de croiser les regards scientifiques, industriels et politiques sur l’IA. Ils ont aussi illustré la richesse d’un écosystème profondément interdisciplinaire, incarné par la diversité des acteurs réunis au sein du consortium.

Table ronde avec Bruno Sportisse, Muriel Touaty et Jean-Philippe Cointet ©Sorbonne Université
Un consortium au croisement des disciplines
« Avec PostGenAI, nous fédérons désormais une communauté qui dépasse les frontières universitaires », a indiqué la présidente de Sorbonne Université.
« Le défi de notre cluster est de taille : il ne s’agit pas moins que de faire travailler ensemble 16 partenaires académiques et institutionnels et plus de 60 partenaires industriels, a ajouté Gérard Biau. Derrière ces nombres, ce sont des talents, des idées, des projets ambitieux qui n’attendent que de se croiser et de s’enrichir mutuellement. »
Piloté par Sorbonne Université, PostGenAI@Paris réunit des membres de l’Alliance de Sorbonne Université (Sorbonne Université, l’université de technologie de Compiègne (UTC), le Muséum national d’Histoire naturelle – MNHN, INSEAD, CNRS, Inria, INSERM, IRD) et d’autres institutions académiques de premier plan, avec des expertises complémentaires, telles que l’AP-HP, l'université Paris-Panthéon-Assas, le Cnam, Sciences Po, ou encore la Cour de Cassation, l’Ircam, l’IEA, l’Onera, la Fondation sciences mathématiques de Paris, et le Conseil Économique Social et Environnemental.
« L’innovation ne se fait jamais en silo : elle est le fruit d’un travail collectif, d’un dialogue permanent entre disciplines, entre secteurs, entre esprits curieux et passionnés, a rappelé Gérard Biau. La réussite de notre cluster reposera sur notre capacité à transformer cette formidable diversité en un écosystème dynamique, où la recherche et l’innovation s’alimentent en permanence, où le savoir circule, où chacun trouve sa place et son rôle. »
Cette approche intersectorielle s’incarne dans 21 Programmes d’Accélération Collaboratifs (PACs) qui intègrent recherche, formation et innovation, mais aussi trois axes :
- IA générative et technologies de rupture, avec des applications dans l’ingénierie, la modélisation des fluides ou la robotique.
- Santé et futur désirable, en lien avec l’AP-HP et l'hôpital national des Quinze-Vingts, autour de la chirurgie robotique ou du deep learning appliqué au soin.
- Société résiliente et éducation, avec des projets en justice, en géorenseignement ou en pédagogie augmentée.
Des démonstrateurs pour incarner l’IA en action
Durant l’événement, le public a pu découvrir plusieurs démonstrateurs illustrant concrètement les avancées portées par les partenaires du consortium. Le laboratoire Heudiasyc de l’Université de Technologie de Compiègne a dévoilé une première expérimentation en circulation publique ouverte, portant sur un défi clé des véhicules autonomes : l’insertion dans un rond-point. Le collectif artistique Obvious a, quant à lui, proposé Portal, une expérience interactive de génération en temps réel avec une IA. L’ISIR (Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique) a présenté un démonstrateur de manipulation robotique accessible aux non-spécialistes. Enfin, la startup Beink a mis en avant Beink Dream, sa solution de collaboration visuelle, où l’image devient un véritable langage universel.

Démonstrateur de l'ISIR ©Sorbonne Université
Une communauté fédérée pour un futur partagé
L’inauguration de PostGenAI@Paris aura permis de poser les fondations d’un écosystème à la croisée des disciplines, des secteurs et des regards. En réunissant sciences fondamentales, acteurs industriels, technologies de pointe, santé, humanités et préoccupations sociétales, PostGenAI@Paris s’impose comme un modèle capable de répondre aux transformations profondes de notre société.
« Aujourd’hui, nous célébrons une étape importante, mais c’est aussi un nouveau départ. Alors, ensemble, continuons à construire, à innover, à rêver », a conclu Gérard Biau.
C’est fort de cette dynamique collective que Sorbonne Université et ses partenaires entendent faire de PostGenAI un acteur clé de la souveraineté scientifique et technologique européenne, et un levier pour penser – et bâtir – un avenir où l’IA sera véritablement au service du bien commun.