4 DÉC 2018

« Nous sommes la première génération à prendre conscience de l’impact du changement climatique, et peut-être la dernière à pouvoir réellement changer les choses », estime Philippe Drobinski, directeur du laboratoire de météorologie dynamique (LMD : Sorbonne Université, CNRS, ENS, Ecole Polytechnique), qui célèbre cette année ses 50 ans d’existence. Ce spécialiste des stratégies de transition énergétique en Europe et en Méditerranée travaille chaque jour, au sein du LMD et avec son projet Trend-X, à trouver des solutions viables dans un contexte de changement climatique.

Trouver et proposer des solutions viables sur le plan environnemental et social, c’est au cœur de son projet baptisé Trend-X. Onze laboratoires de l’École polytechnique sont rassemblés au sein de ce programme transdisciplinaire. Entièrement dédié à la transition énergétique, ce projet vise à mettre en place des technologies et pratiques nouvelles afin de réduire l’impact de notre production d’énergie sur la planète. Le programme est structuré autour de trois grands axes : les matériaux et systèmes de conversion et de stockage, les bâtiments intelligents, et les smart cities et scénarios énergétiques, ou comment « les villes doivent-elles évoluer dans un contexte de climat plus chaud » détaille-t-il. « Trend X est voué à devenir un centre interdisciplinaire de recherche, entouré par un pool de partenaires industriels. »

Également à la tête du laboratoire de météorologie dynamique, Philippe Drobinski a vu son laboratoire devenir d’année en année une structure internationale de premier plan, attirant étudiants et chercheurs du monde entier. « Le laboratoire est spécialisé dans la science de l’atmosphère en mouvement » explique-t-il. « Nous essayons de comprendre l’atmosphère de la Terre en la comparant aux autres planètes ». Au cœur de l’étude du climat terrestre, le LMD s’appuie sur trois piliers : mesure des mouvements atmosphériques, simulation numérique des écoulements planétaires et analyse de données. Il compte dans ses rangs de nombreux contributeurs aux rapports du GIEC et constitue aujourd’hui un pilier de la modélisation de l’atmosphère en France. Si les analyses et campagnes spatiales portées par le LMD ont permis d’apporter un éclairage fondamental sur les évolutions climatiques, l’urgence demeure selon le chercheur. « Dans trente ans quoi qu’il arrive, le climat aura augmenté de 2°c sur Terre. On demande donc aujourd’hui pour la première fois aux chercheurs de trouver dans l’urgence des solutions, face à une horloge qui tourne. »

 

POUR EN SAVOIR PLUS

À l'occasion de son cinquantième anniversaire, le LMD organise une conférence débat :

« La justice climatique : quelles responsabilités ? »,

Mardi 11 décembre 2018 à 18h à Sorbonne Université, campus Pierre et Marie Curie.

En présence de :

  • Pierre André, spécialiste de philosophie politique et éthique appliquées au changement climatique et doctorant au Centre international de philosophie politique appliquée (CIPPA, Sorbonne Université) ;
  • François Gemenne (sous réserve), spécialiste des questions de géopolitique de l’environnement (UVSQ-CEARC/ULg-CEDEM), directeur exécutif du programme de recherche interdisciplinaire « Politiques de la Terre » à Sciences Po et expert associé au Centre de recherches internationales de Sciences Po (CERI) ;
  • Fabrice Flipo, professeur de philosophie et d'épistémologie à l’institut Mines-Télécom Business School et chercheur au laboratoire du changement social et politique (LCSP, Université Paris-Diderot) ;
  • Agnès Michelot, présidente de la Société Française pour le Droit de l'Environnement (SFDE) et enseignant-chercheur à l’université de La Rochelle.

Modération par Rachel Mulot, chef du service « Enquêtes » au magazine Sciences et Avenir.

Philippe Drobinski
Philippe Drobinski, directeur du laboratoire de météorologie dynamique