09 AVRIL 2018

Beatrice Biancardi remporte le Prix du jury.

Beatrice Biancardi
Beatrice Biancardi © Sorbonne Université

Quel a été votre parcours de formation ?

Beatrice Biancardi : J’ai étudié les sciences cognitives à Trento en Italie. Ces études mêlent notamment l’informatique, la linguistique et les interactions homme-machine. J’ai suivi un master international qui m’a permis de faire un stage de 6 mois à l’étranger dans l’équipe Interactions de Catherine Pelachaud, à Sorbonne Université. J’ai ensuite poursuivi en thèse dans son laboratoire au sein de l’institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR).

Pouvez-vous résumer votre sujet de thèse ?

B.B. : Il porte sur les premières impressions générées par un agent conversationnel animé (ACA). L’ACA est un personnage anthropomorphe virtuel capable d’interagir avec l’utilisateur à travers des gestes, des expressions faciales et la parole. J’étudie comment ces premières impressions se forment et comment elles influencent la suite des interactions avec l'utilisateur.

Pendant la première partie de ma thèse, j’ai analysé des vidéos d’interactions humaines pour comprendre comment les comportements non verbaux étaient associés à ces premières impressions. J’ai ensuite implémenté dans l’agent virtuel ces comportements qui lui servent de base pour ses interactions avec l’humain.

Comme nous ne savons pas encore si ces gestes ont les mêmes effets lorsqu’ils sont réalisés par un agent virtuel, ce dernier doit apprendre à sélectionner les comportements pertinents. Pour cela, il est doté de programmes qui lui permettent d’interpréter en temps réel les réactions émotionnelles qu’il perçoit à travers ses caméras. Il peut alors voir, à travers l’analyse des signaux physiologiques détectés sur le visage de l’utilisateur, si celui-ci est engagé dans l’interaction et ajuster ses gestes pour mieux s'adapter aux réactions humaines.

Pourquoi se lancer dans l’aventure MT180 ?

B.B. : Durant mes deux premières années de thèse, je me suis engagée dans une mission doctorale en tant que médiatrice scientifique à la Cité des sciences et de l’industrie. Je réalisais des animations autour des big data et de la physique pour les enfants et le grand public. Cela m’a donné le goût de la vulgarisation scientifique. Cette année, j’ai choisi de réaliser une mission d’enseignement et la médiation à proprement parler me manquait. J’ai vu dans le concours Ma thèse en 180 secondes l’occasion de renouveler l’expérience. Et je n’ai pas été déçue.

Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

B.B. : Cette aventure m’a énormément apporté : réussir à expliquer mon sujet de thèse à des personnes qui ne sont pas de mon domaine, apprendre à tenir un micro, gérer mon stress, parler en public, ou encore construire un véritable storytelling sur mes recherches. Les deux journées de formation proposées dans le cadre de ce concours m’ont permis de gagner en assurance. Notre formatrice, Alexandra, a été formidable. Cette fois, c’est elle qui a été l’observatrice des premières impressions que je générais auprès du public !

Et la suite ?

B.B. : Je me laisse le temps de décider entre la recherche ou la médiation scientifique. Concevoir des activités scientifiques, interagir avec le public, c’est aussi quelque chose qui m’intéresse beaucoup.

Martin Turbet obtient le Prix du public.

Martin Turbet
Martin Turbet © Sorbonne Université

Pouvez-vous revenir sur votre parcours universitaire ?

Martin Turbet : L’astrophysique me passionne depuis longtemps et a constitué le fil rouge de mes études. J’ai d’abord fait deux ans de classes préparatoires scientifiques pour intégrer l’Ecole Normale Supérieure. Puis, j’ai suivi le master 2 astronomie et astrophysique en partenariat avec Sorbonne Université, avant de partir un an visiter les hauts-lieux de l’astronomie dans le monde.

A la suite de ce voyage, qui m’a permis de faire le point sur ce que je voulais faire, j’ai démarré une thèse au laboratoire de météorologie dynamique que je vais finir en septembre.

Sur quoi porte votre thèse ?

M.T. : J’ai eu la chance de pouvoir rédiger, avec mon directeur de recherche, mon propre sujet de thèse. J’ai choisi de travailler sur une thématique à l’interface entre l’astrophysique et le climat. Cette approche, qui consiste à comprendre comment fonctionnent des planètes similaires à la Terre, permet d’apporter un regard nouveau sur le climat de notre planète.

Ma thèse se compose en trois grands actes :

  • D’abord, prédire et anticiper ce à quoi peuvent ressembler les climats des planètes extrasolaires. Proxima Centauri b et le système TRAPPIST-1 que j’étudie sont les planètes les plus semblables à la Terre et les meilleures cibles pour observer l’atmosphère et la surface de ce type de planète. Elles feront parler d’elles dans le futur.
  • Ensuite, étudier à quoi ressemblait la planète Mars dans le passé. Quand on observe la surface de Mars aujourd’hui on voit des rivières et des lacs asséchés qui témoignent de l’existence passée d’eau liquide sur la planète rouge. Or, lorsque nous utilisons les modèles numériques du climat, nous sommes incapables d’expliquer la possibilité de cette présence d’eau liquide. Une partie de ma thèse a donc consisté à apporter des éléments de réponse à cette énigme en explorant des scenarii pouvant concilier les observations de la surface de Mars avec les modèles numériques de climat sur lesquels je travaille.
  • Enfin, réaliser des expériences et des calculs afin d’améliorer ces modèles de climat en cherchant à comprendre comment certains gaz atmosphériques liés à l’effet de serre absorbent la lumière sur ces planètes extrasolaires et sur Mars dans le passé.

Qu’est-ce qui vous a poussé à participer à MT180 ?

M.T. : En 2015, j’avais participé au concours « Ma thèse en 5 minutes » organisé par l’association française d'astronomie. Cette expérience, bien que différente, m’a donné envie de me lancer dans MT180. J’ai vu là une formidable opportunité de montrer au grand public, mais aussi à mes proches, ce que je cherche et surtout pourquoi l’astrophysique me passionne.

Que représente ce prix pour vous ?

M.T. : Je suis d’abord ravi d’avoir obtenu le Prix du public car, quand j’ai vu la qualité des autres présentations, je me suis dit que la difficulté était grande. J’ai beaucoup travaillé. Et même si j’avais une expérience de la prise de parole en public à travers les conférences auxquelles je participe, l’exercice était vraiment différent et j’ai retrouvé le stress des premières fois.

Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?

M.T. : Nous avons été coachés par une experte en communication scientifique, Alexandra. Cette formation a été très utile car elle a mis l’accent sur des détails qui me paraissaient auparavant insignifiants et qui se sont révélés cruciaux comme, par exemple, savoir comment donner une bonne première impression, bien se tenir, bien commencer sa présentation pour donner envie au public d’aller plus loin avec nous.

Je pense que pour la suite, cette expérience pourra peut-être me permettre d’avoir quelques points d’avance à l’occasion d’un oral d’un concours ou d’une conférence.

Justement, comment envisagez-vous l’avenir ?

M.T. : La recherche me plait énormément donc j’aimerais continuer dans cette voie et devenir chercheur au CNRS, même si le chemin est difficile.

Mais avant, je pars faire un post-doctorat à l’observatoire de Genève. C’est pour moi le temple de l’astrophysique car c’est là que des chercheurs ont découvert la première planète extrasolaire.

Par ailleurs, grâce à la conjonction entre des progrès technologiques qui permettent de voir de mieux en mieux et la découverte d'astres de plus en plus proches, j’espère pouvoir d’ici quelques années observer l’atmosphère et la surface de ces planètes extrasolaires que j’ai modélisées pendant ma thèse.

Les lauréats de la finale Sorbonne Université
Les lauréats de la finale Sorbonne Université © Sorbonne Université