06 NOV. 2018
Barthelemy Jobert, président de la Fondation Sorbonne Université
Barthelemy Jobert, président de la Fondation, présente « Bienvenue au futur »

Le 13 juin dernier, Sorbonne Université lançait, au cours d’une soirée en Sorbonne, la campagne de levée de fonds la plus importante en Europe continentale pour une université. 

Avec Thierry Breton, ancien ministre de l'Économie et actuel PDG du groupe Atos, à la tête du comité stratégique, « Bienvenue au futur » a pour objectif de lever 100 millions d'euros d’ici 2022 et permettre à Sorbonne Université de répondre aux grands enjeux scientifiques du 21ème siècle.

3 questions à Barthélémy Jobert, nouveau président de la Fondation Sorbonne Université 

Pouvez-vous nous présenter la campagne « Bienvenue au futur » de Sorbonne Université ?

Lancée publiquement en juin dernier, lors d’une grande soirée inaugurale en Sorbonne qui a réuni plusieurs centaines de participants, cette campagne a en fait été développée de façon « silencieuse » depuis presque deux ans, auprès de nos donateurs ou partenaires réguliers, particuliers ou institutionnels. Sa phase « publique » correspond, et cela a été voulu, avec la création de Sorbonne Université, première université française de recherche, issue de la fusion de Paris-Sorbonne et de l’UPMC. Notre ambition est de lever 100 millions d’euros dans les quatre ans qui viennent, sachant que la moitié a déjà été acquise pendant la phase « silencieuse ». Cela nous met en tête de toutes les universités de l’Europe continentale, derrière quelques universités britanniques comme Oxford ou Cambridge. Cette campagne s’articule autour de cinq axes principaux, correspondant aux priorités stratégiques de Sorbonne Université, tant pour la recherche que pour la formation : inventer la santé de demain, construire la ville intelligente, développer le dialogue interculturel, assurer la transition environnementale, préserver et transmettre le patrimoine pour l’avenir. On peut constater qu’il s’agit là de sujets essentiels aujourd’hui pour notre société, mettant ainsi l’université à la place centrale qui doit être la sienne, au cœur de la réflexion et du monde contemporains. 

Comment cette campagne s'inscrit dans la stratégie de la Fondation Sorbonne Université ?

Elle correspond à un profond changement dans l’existence de la fondation, qui de Fondation UPMC est devenue Fondation Sorbonne Université. Elle étend ainsi notre champ d’intervention traditionnel, médecine et sciences, aux humanités, aux sciences humaines et sociales, en insistant encore plus sur la dimension interactive de ces différents champs et donc l’interdisciplinarité qui est la principale richesse de Sorbonne Université. Les grandes directions que je viens d’évoquer s’articulent par ailleurs autour de projets concrets, discutés entre la Fondation, les trois Facultés de Sorbonne Université ou leurs diverses composantes. La campagne devrait donc inscrire encore plus la Fondation au cœur de la vie quotidienne de l’université. Mais elle doit aussi être l’occasion de renforcer et d’étendre notre communauté universitaire au-delà de ses membres naturels, étudiants, professeurs, chercheurs, personnels… C’est l’occasion de retrouver nos anciens étudiants, et de les faire participer à la vie de leur alma mater. C’est aussi trouver la possibilité d’enrichir l’implication du monde économique dans la recherche effectuée et l’enseignement dispensé à Sorbonne Université : le manifeste déjà l’implication de nombreux chefs d’entreprises dans notre comité stratégique, dirigé par Thierry Breton, le PDG d’Atos, leader français du numérique et du digital. Par cette campagne, la Fondation participera ainsi naturellement et activement à la construction de l’identité de Sorbonne Université, en France et à l’étranger.

Vous êtes aujourd’hui le nouveau président de la Fondation. Pouvez-vous nous présenter votre parcours et vos motivations ?

Je suis professeur d’histoire de l’art moderne et contemporain à la Faculté des Lettres, avec comme spécialisation le dix-neuvième siècle européen, et encore plus spécifiquement la peinture, l’estampe et le dessin, notamment le romantisme français et Delacroix, dont j’assure actuellement, par exemple, l’édition électronique de la correspondance, plusieurs milliers de lettres, au sein d’une équipe de recherche de Sorbonne Université. J’ai fait l’essentiel de ma carrière, depuis ma thèse de doctorat, à ce qui était alors Paris-Sorbonne, mais aussi à l’université de Grenoble, ainsi qu’aux Etats-Unis, à Harvard et à Yale. Et j’ai également l’expérience des grandes institutions culturelles, ayant travaillé comme chercheur, pendant quatre ans, au Département des Estampes de la Bibliothèque nationale de France. Pour l’anecdote, passionné de rugby  comme joueur (mais j’ai maintenant raccroché les crampons !), j’ai également été arbitre à la FFR avant de devoir quitter les terrains pour exercer des responsabilités institutionnelles… J’ai en effet  été, pendant cinq ans, le vice-président du conseil scientifique et responsable de la Recherche à Paris-Sorbonne, avant d’en être le président pendant les six années suivantes, un mandat qui s’est terminé en janvier dernier, avec la création de Sorbonne Université. Diriger la Fondation à un moment clé de son développement et assurer la première campagne de levée de fonds de la nouvelle université est pour moi mettre concrètement en œuvre un des aspects les plus novateurs du projet que j’ai porté à la présidence de Paris-Sorbonne, recréer au cœur de Paris une université de recherche dans tous les domaines du savoir, la première université française, une des toutes premières européennes et mondiales. Si ce que nous avons entrepris à la Fondation est naturel partout ailleurs dans le monde, c’est en effet pratiquement inédit dans le milieu universitaire français ! J’étais presque naturellement appelé à relever ce défi après avoir contribué à créer Sorbonne Université.