La précision que demande le métier de Florence est à la hauteur de la complexité des expériences auxquelles servent ses créations. Souffleuse de verre au laboratoire Kastler Brossel (LKB : Sorbonne Université/CNRS/ENS/Collège de France) depuis plus de dix ans, elle a été formée à la verrerie scientifique au lycée Dorian à Paris, seule formation en France, dans laquelle elle enseigne également aujourd’hui.

Dans son atelier sur le campus Pierre et Marie Curie, Florence Thibout crée les contenants en verres avec lesquels les chercheurs du LKB mènent leurs expériences. Elle travaille en étroite collaboration avec eux pour imaginer et réaliser sur mesure les pièces conformes à leurs besoins.

« Le verre est en réalité un matériau très peu connu, un verre n’a pas la même composition qu’un autre et certains ne peuvent pas être soudés entre eux. Je peux avoir besoin d’une seule heure pour réaliser un objet, comme de deux semaines. »

Avec patience et passion, elle élabore des pièces qui pour les plus rares seront prêtées à d’autres laboratoires en France et en Europe.

Florence Thibout travaille principalement avec du verre borosilicate, qui résiste très bien aux chocs thermiques. En effet, elle souffle le verre entre 800 et 1200 degrés et le soude à partir de 1000 degrés. Après avoir créé les pièces, elle y insère du gaz rare et des métaux alcalins. Elle utilise pour cela un banc de pompage et d’étuvage qui permet de mettre les pièces sous vide pour pouvoir les remplir avec la molécule demandée. « On étuve pour éviter que les molécules prisonnières du verre ne se libèrent après le remplissage et polluent l’intérieur de la cellule, leur durée de vie est ainsi beaucoup plus longue. » Elle a appris avec le temps toutes les spécificités de ces molécules pour ne pas les contrarier.

« Les cellules d’ozone se dégradent par exemple au contact du métal. Je dois donc effectuer toutes mes manipulations avec du verre. »

Florence Thibout reconnait que ce savoir-faire, développé aussi grâce à sa collaboration quotidienne avec les chercheurs, reste assez rare en France.

« Souffleur de verre est un tout petit corps de métier. Il n’existe aucun standard, du coup, on apprend à être très débrouillard. Finalement, parvenir à créer un mouton à cinq pattes, cela fait partie du métier ! »

 


© Pierre Kitmacher -  Sorbonne Université

Mis à jour le 28 DÉC. 2017