31 OCT 2019

Mardi 16 octobre a eu lieu l’inauguration de la Maison pour la science de Paris Île-de-France sur le campus Pierre et Marie Curie en présence de Jean Chambaz, président de Sorbonne Université, Gilles Pécout, recteur de l’Académie de Paris, Pierre Corvol président de l’Académie des sciences et Daniel Rouan, président de la fondation La main à la pâte. Le directeur de cette nouvelle Maison, Edouard Kierlik, nous explique les objectifs de ce lieu de rencontres et d’échanges entre le monde de l’éducation et celui de la science et de la technologie vivantes.

Edouard Kierlik
Edouard Kierlik © Sorbonne Université - Pierre Kitmacher

Né en 2012 à l’initiative de l’Académie des sciences et porté par la fondation La main à la pâte, le réseau des Maisons pour la science compte aujourd’hui 10 Maisons régionales. Pouvez-vous nous en dire plus sur leurs missions ?

Edouard Kierlik : En partenariat avec des laboratoires de recherche, les Maisons pour la science proposent une offre de développement professionnel attrayant et moderne en sciences et technologies à destination des enseignants du premier degré et du collège. Leur objectif : susciter le goût des sciences et faire évoluer les pratiques des enseignants en leur faisant vivre des situations d'investigation avec des scientifiques.

Issu de la collaboration des rectorats et des universités, ce projet est coordonné par la fondation La main à la pâte qui invite les élèves à découvrir le monde en s'appuyant sur leur curiosité, l'observation et l'expérimentation. Il a bénéficié pour les premières Maisons du soutien des investissements d'avenir.

Pourquoi une Maison pour la science à Sorbonne Université ?

E. K. : Des mathématiques à la biologie, en passant par la physique, l’ingénierie, les géosciences, la chimie ou encore l’informatique, Sorbonne Université est l’université parisienne qui fait le plus de place aux sciences en termes de recherche et de formation. Nous avons également la chance d’avoir parmi les composantes de la faculté des Lettres l’institut national supérieur du professorat et de l'éducation (Inspé) qui assure la formation initiale et continue des enseignants de l’académie de Paris.

Par ailleurs, à travers la création d’une vice-présidence Sciences, Culture et Société, notre université affirme une nouvelle fois sa volonté d’ouverture vers les questions de société et d’éducation.  C’est donc tout naturellement que Sorbonne Université a souhaité rejoindre le réseau des Maisons pour la science en proposant une offre concrète, avec des locaux sur le campus Pierre et Marie Curie et des engagements en termes financiers, de recrutements de personnels et de participation des chercheurs et enseignants-chercheurs.

Si les formations que nous proposons sont réservées cette année aux professeurs des écoles et de collège de l’académie de Paris, nous avons la volonté de nouer à terme des partenariats avec les établissements scientifiques d'Île-de-France afin d’élargir notre offre à tous les enseignants franciliens.

Ce n’est pas la première fois que les universités proposent des actions à destination des enseignants d’Île-de-France. Quelle est l’originalité des formations portées par la Maison pour la science?

E. K. : Effectivement, Sorbonne Université participe déjà, à travers le dispositif « Profs en fac » par exemple, à la formation des enseignants de lycée en les invitant à s’immerger quelques jours dans nos laboratoires. Avec la Maison pour la science, nous allons nous adapter à un public nouveau en proposant des activités pour les niveaux collège et primaire.

L’originalité de ces formations, conçues en collaboration avec des ingénieurs de formation, des universitaires, des chercheurs et des formateurs académiques du rectorat, est d’associer la recherche vivante des laboratoires aux besoins des enseignants et des programmes scolaires. Après une présentation d’une thématique scientifique par des experts du domaine, les stagiaires seront immergés en laboratoire afin d’observer, d’expérimenter, de raisonner. Suivra ensuite un temps de réflexion sur la transposition en classe de ce qui aura été abordé.

En proposant aux professeurs des activités qui les replacent en situation d’apprentissage et de mise en œuvre de la démarche expérimentale, nous espérons qu’ils puissent ensuite la faire vivre à leurs propres élèves.

Sur quelles thématiques porteront les prochaines formations ?

E. K. : Les sujets proposés au plan académique de formation 2019-2020 porteront sur le climat, la robotique, l’acoustique, la biodiversité, les mathématiques et les sciences naturelles, l’alimentation et la santé.

Si ces formations impliquent en premier lieu la faculté des Sciences et Ingénierie, nous souhaitons enrichir notre offre de formation en proposant à terme d’autres thématiques en lien avec la faculté de Médecine et la faculté des Lettres.

Quelles autres actions proposera la Maison pour la science ?

E. K. : Au-delà des actions de développement professionnel, la Maison pour la science a également pour vocation de faciliter la mise en œuvre de projets scientifiques locaux au sein d'écoles primaires ou de collèges pilotes du réseau de la fondation la Main à la pâte, en intervenant plus directement auprès des élèves.

Nous coordonnerons également un dispositif permettant aux étudiants scientifiques de collaborer avec un professeur des écoles pour monter une séquence pédagogique avec leur classe. C’est une manière de pré-professionnaliser les étudiants intéressés par les métiers de la formation tout en aidant les enseignants à se lancer dans une démarche d'expérimentation.