« Pur produit de Sorbonne Université », comme elle aime se définir, Alexandra est en 2e année de doctorat en physico-chimie des matériaux au laboratoire de Chimie de la Matière Condensée de Paris1. Elle s’est prise de passion pour cette discipline dès sa première année à l’université grâce à un professeur qui lui a transmis sa vocation. 

Alexandra Sauvetre MT180
Alexandra Sauvêtre lors de la finale de MT180 de Sorbonne Université © Sorbonne Université - Pierre Kitmacher

« Au lycée, nous sommes souvent incités à faire une école d’ingénieur. Mais pourquoi ? Moi, c’est à la fac que j’ai trouvé ma voie. Dès la L1, nous avons la chance de côtoyer des chercheurs. Nous bénéficions d’une formation de haut niveau qui nous ouvre de nombreuses perspectives », souligne la doctorante.

Fascinée par le large spectre d’applications de la chimie, elle se spécialise en master chimie analytique, physique et théorique avec déjà la volonté de faire une thèse. 

De la chimie aux sciences légales

Lors de sa recherche de stage de master 2, elle découvre ce qui sera bientôt son futur sujet de thèse.

« Je suis tombée sur ce sujet de stage qui m’a tout de suite intriguée, se souvient Alexandra. Il s’agissait d’un projet de recherche sur 4 ans qui débouchait sur une thèse. L’objectif était de créer une nouvelle méthode pour révéler les empreintes digitales. »

Rapidement, elle se rend compte que révéler des empreintes n’est pas aussi facile que dans les séries télévisées. 

« Même si on sait aujourd’hui révéler les empreintes, on ne sait pas le faire partout, par tous les temps et en préservant l’ADN, explique la doctorante. Avec les poudres utilisées habituellement, il est impossible de trouver la totalité des traces visibles et invisibles sur des scènes de crimes étendues comme des gares, des cinémas ou même des stades ! » 

L’objectif de son travail de recherche est donc de développer un nouveau procédé portable et innovant capable de balayer de larges surfaces tout en préservant le précieux matériel génétique. En combinant un spray avec un réactif fluorescent, Alexandra et l’équipe du laboratoire, ont réussi à développer une solution utilisable directement sur toutes les scènes de crime. 

« La simple pulvérisation d’une brume de ce réactif permet aux forces de l’ordre de voir toutes les empreintes y compris dans l’obscurité la plus totale », précise Alexandra.  

« Faire rentrer les gens dans un univers » 

Pour mener ses travaux de recherche, Alexandra fait partie d’un consortium composé de scientifiques, mais aussi d’un industriel et de forces de police et de gendarmerie. La vulgarisation scientifique fait partie de son quotidien. Elle a appris à adapter le vocabulaire physico-chimique des chercheurs aux enjeux de transfert de technologie des industriels et au lexique des forces de l’ordre qui parlent plus volontiers de « traces papillaires » que d’empreintes digitales. 

Très impliquée dans la médiation scientifique, elle a également participé à différents évènements de valorisation de la chimie auprès du grand public, comme l’organisation de stands lors du Village de la Chimie d’Ile-de-France ou la Fête de la science. 

« J’aime faire rentrer les gens dans mon univers et démystifier l’image du chercheur en montrant que la science peut avoir de véritables applications concrètes pour la société », affirme la jeune femme.

Par ailleurs, elle réalise pendant sa thèse une mission doctorale au sein du pôle Europe de la direction de la recherche et de l’innovation de l’université. Cette expérience lui permet de développer ses compétences de communication et de valorisation en accompagnant les chercheurs dans leurs demandes de financement et appels à projet.

Passionnée par son sujet, et sensible aux actions de vulgarisation, c’est donc tout naturellement qu’Alexandra a voulu participer au concours « Ma thèse en 180 secondes » (MT180) qu’elle suit depuis des années. 

« Lorsque j’étais en licence, j’ai découvert ce concours à travers la vidéo d’un des finalistes, Gaëtan de Lavilléon. J’avais été impressionnée par sa performance et depuis, je me suis toujours dit que si j’avais l’opportunité d’y participer un jour, je m’y inscrirai », indique Alexandra.

« Participer au concours MT180 était une évidence »

En parlant de MT180, Alexandra a les yeux qui pétillent.

« C’est une expérience humaine et intellectuelle très enrichissante qui permet de faire de nouvelles rencontres et de sortir de notre monde », assure-t-elle.

Même si elle admet avoir un sujet accrocheur, Alexandra sait que ce concours demande du travail. Grâce aux deux jours et demi de formation, elle apprend à scénariser son sujet à partir d’un storyboard, à prendre la parole en public grâce à des exercices d’improvisation, à accrocher le public dès la première phrase, à gérer son stress, à tenir un micro, à articuler, etc. 

« Nous avons senti une émulation collective et une entraide de la part de tous les candidats : chacun a participé à la construction du texte de ses concurrents ; c’était un vrai travail d’équipe qui m’a beaucoup aidée », se réjouit Alexandra. 

Elle qui ne s’attendait pas à remporter la finale MT180 Sorbonne Université prépare la demi-finale avec beaucoup d’énergie et d’enthousiasme.  

« La difficulté pour le prochain concours est montée d’un cran. Il faut encore améliorer mon texte et ma prestation orale. Mais j’ai vraiment envie de porter jusqu’au bout les couleurs de mon projet, de mon laboratoire et de mon université », déclare la candidate.
 

 


1 Sorbonne Université, CNRS, Collège de France.

Mis à jour le 25 AVRIL 2019